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Production animale

Fourrage frais à toute heure

Sur l’exploitation de Philippe et Laetitia Bally à Vaulion, le robot d’alimentation fonctionne de manière fiable malgré la configuration complexe de l’étable. Il améliore le confort des animaux et des humains, tout en augmentant l’efficience alimentaire.

Le robot d’alimentation distribue automatiquement des rations fraîches à plusieurs groupes d’animaux.

Le robot d’alimentation distribue automatiquement des rations fraîches à plusieurs groupes d’animaux.

(Nicole Matt)

Publié le

Rédactrice, Revue UFA

Tandis que certaines vaches mangent, d’autres ruminent paisiblement dans leurs logettes. Le robot d’alimentation Trioliet distribue des rations fraîches plusieurs fois par jour, pousse le fourrage vers le cornadis et nourrit automatiquement différents groupes d’animaux. « Les animaux ont du fourrage frais en permanence et le travail est devenu nettement moins pénible physiquement », explique à ce propos Philippe Bally.

« Grâce au robot, nous économisons quotidiennement une heure de travail. »

Philippe Bally, agriculteur

Une technologie adaptée aux contraintes du bâtiment

La configuration des bâtiments de l’exploitation familiale a occasionné certaines difficultés lors de la mise en place du système. En effet, les étables pour les vaches laitières et les génisses sont situées l’une à côté de l’autre, mais à des niveaux différents. Ainsi, pour pouvoir également atteindre les génisses, le robot emprunte une rampe pour accéder à la partie de l’étable où se trouvent ces dernières, une « ascension » rendue possible grâce à un câble d’induction intégré au sol, que la machine suit au millimètre. La cuisine d’alimentation est composée de plusieurs trémies de stockage d’occasion provenant de France. Malgré l’ajout de ce dispositif, l’espace dédié au stockage des aliments a été largement préservé. Avant l’automatisation, le fourrage était distribué à la fourche. Au départ, le producteur cherchait une solution pour le foin en vrac, mais c’est le robot de Trioliet qui a su convaincre par sa capacité à couper proprement et à mélanger de manière homogène des composants secs tels que le foin, le regain et la luzerne. « En comparant différents dispositifs, c’était le seul robot capable de traiter notre ration sèche de manière fiable », explique Philippe Bally.

Plusieurs rations par jour

Le robot est équipé d’une cuve de mélange de 3 m 3 dotée de deux vis sans fin verticales. Il est essentiel de respecter l’ordre de remplissage : le fourrage aux brins les plus longs est chargé en premier afin de préserver sa structure. Pendant le processus de mélange, l’appareil est automatiquement branché au réseau électrique dans la station de remplissage. La batterie sert exclusivement au déplacement et à la distribution. Chaque jour, quelque seize rations sont préparées dans l’exploitation pour différents groupes d’animaux : vaches en lactation, vaches taries, vaches prêtes pour le vêlage, génisses et veaux sevrés. Les trémies de stockage sont remplies une à deux fois par jour selon les besoins. La programmation, qui s’effectue directement au moyen d’un écran tactile, peut être facilement modifiée.

« Les animaux disposent de nourriture fraîche en permanence. »

Philippe Bally, agriculteur

Moins de restes sur le robot et plus de tranquillité

Grâce à l’alimentation automatisée, les restes de fourrage dans les crèches ont nettement diminué et les animaux trient moins. Philippe Bally rapporte ainsi qu’avec la même quantité de fourrage, il peut aujourd’hui nourrir environ deux vaches de plus qu’auparavant. Grâce au robot, l’agriculteur sait également précisément quelle quantité de matière sèche les animaux ingèrent. Le conseiller en alimentation Jean-Baptiste Galliot partage cet avis : « Comme chaque groupe d’animaux reçoit sa propre ration, il est possible d’adapter plus précisément les apports aux besoins et aux performances. » Dans le même temps, l’exploitation économise environ une heure de travail par jour et les tâches sont physiquement moins pénibles ; par ailleurs, le troupeau est plus calme. Enfin, grâce à la fréquence plus élevée de distribution, les vaches en première lactation accèdent mieux à la table d’alimentation. Comme l’explique Philippe Bally : « Une partie des vaches mange pendant que d’autres se reposent ou ruminent. Les animaux semblent plus détendus. » Si l’agriculteur reconnaît que la mise en place du système a nécessité un investissement considérable, il estime cependant que les avantages l’emportent au quotidien : moins d’efforts physiques, des animaux tranquilles ainsi qu’une ration adaptée aux besoins et aux performances des animaux.

Portrait de l’exploitation

Philippe et Laetitia Bally Vaulion, 980 m d’altitude ; zone de montagne II

Superficie : 66 ha de SAU, dont 9 ha de prairies extensives, autres prairies naturelles et de fauche, alpage de 103 PN (pâquier normal)

Cheptel : 60 vaches laitières, env. 20 génisses et veaux

Production laitière : 7500 kg de moyenne d’étable, lait pour fromage (gruyère)

Robot d’alimentation : Trioliet WB 2 - 300

Alimentation : plusieurs rations sèches avec foin, regain, luzerne et mélasse

Main-d’œuvre : exploitation familiale avec un employé à plein temps et des aides saisonnières

Evolution de l’exploitation : reprise du domaine en 2006, installation photovoltaïque depuis 2013, robot d’alimentation depuis 2023

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