En bref
- Bien observer le troupeau est essentiel pour évaluer l’adéquation de l’étable, des conditions de garde et des processus de travail.
- Des animaux en bonne santé demandent moins d’efforts, réduisent les coûts et apportent plus de satisfaction.
- De simples ajustements au niveau des logettes, des couloirs de circulation ou des zones de traite suffisent pour optimiser confort et performances.
Dans le travail de conseiller en matière de signaux émis par les vaches, les questions qui se posent sont notamment les suivantes : « Aimerais-je être la vache la plus faible de cette stabulation ? » ; « Aurais-je du plaisir à travailler ici ? » Qu’il s’agisse d’optimiser une stabulation existante, d’accompagner une transformation ou de concevoir un nouveau bâtiment, l’objectif reste le même : garantir le bien-être des animaux comme des personnes qui y travaillent. Une visite d’exploitation commence par un examen attentif du troupeau. Il s’agit de tout observer le plus rapidement possible. Ce faisant, un regard neuf venant de l’extérieur, par exemple celui d’un·e voisin·e ou d’un·e collègue, aide souvent à repérer plus vite les anomalies dans la stabulation. Les premiers indices découlent principalement des observations suivantes:
- Comment le troupeau est-il réparti dans la stabulation ?
- Les vaches sont-elles attentives et curieuses ?
- Se tiennent-elles uniformément sur leurs quatre pattes et se déplacent-elles normalement ?
- Y a‑t‑il des anomalies au niveau de la colonne vertébrale, des côtes ou des articulations ?
- La panse est-elle bien remplie et la consistance des bouses est-elle normale ?
- Les animaux sont-ils propres ? A quels endroits présentent-ils des souillures ?
- Les vaches sont-elles couchées sans avoir mal et détendues ?
Bien-être animal et sérénité au travail
Les agriculteurs·trices qui investissent sciemment dans la santé des animaux améliorent tant leur bien-être que la rentabilité de l’exploitation. En effet, des vaches en bonne santé demandent moins de travail, réduisant d’autant les coûts ; elles ont moins souvent besoin de traitements, mangent mieux, sont plus productives et restent plus longtemps dans le troupeau. De plus, le bétail en bonne santé présente une bonne apparence, favorisant l’image de l’exploitation. Autre aspect essentiel souvent sous-estimé : des animaux en bonne santé augmentent non seulement la performance, mais aussi le plaisir au travail. Les agriculteurs·trices qui sont moins souvent confrontés à des problèmes dans l’étable vivent en effet leur quotidien professionnel de manière nettement plus détendue.
L’importance d’observer les signaux
Les signes positifs émis par les vaches (propreté, calme, panse bien remplie ou fèces de consistance normale) indiquent que tout va bien dans l’étable et dans les soins prodigués. La personne en charge des animaux peut les interpréter comme une preuve son bon travail, ce qui est toujours réjouissant. Cependant, pour continuer à développer l’exploitation, il est crucial de s’interroger sur les signaux critiques en se posant les questions suivantes : pourquoi les vaches rechignent‑elles à venir se faire traire ? Pourquoi ne se couchent-elles dans leur logette qu’après quelques minutes ? Pourquoi tant d’animaux soulagent‑ils leur patte arrière droite ? Toute anomalie de ce type montre que des ajustements sont nécessaires. En effet, les vaches ne simulent pas, ce qui rend les signaux qu’elles émettent très fiables.
Les vaches indiquent de manière fiable là où des actions s’imposent dans la stabulation.
Petits changements, grands effets
Pour les vaches, quelques cm peuvent faire toute la différence. Inutile de tout bouleverser : de petits ajustements suffisent souvent à produire un grand effet. Par exemple, placer correctement la sangle de nuque facilite l’entretien des logettes ; allonger la surface de repos incite les vaches à se coucher plus vite (car celles-ci entrent moins en contact avec l’arrêtoir d’épaule ou le pare-bouse au niveau des articulations carpiennes, des hanches ou des ischions). Pour l’alimentation, il se pose souvent la question de savoir pourquoi les animaux n’ingèrent pas assez de matière sèche, sachant que les rations des exploitations suisses sont en général homogènes et de grande qualité. Les raisons sont notamment les suivantes : manque d’aires d’alimentation, ravitaillement trop peu fréquent, sols glissants dans le couloir d’alimentation, abreuvoirs mal placés ou santé des onglons insuffisante. Ce dernier paramètre est un facteur particulièrement important pouvant être notablement amélioré. A cet effet, une manipulation calme des animaux, des sols antidérapants, l’élimination des irrégularités, l’utilisation adéquate de revêtements en caoutchouc et un parage régulier des onglons sont très utiles.
Pratiques améliorant la traite
Les salles et robots de traite présentent eux aussi souvent des points faibles : les entrées et les sorties ne sont en général pas conçues pour répondre aux besoins des vaches, qui n’aiment pas les virages serrés ou les passages étroits : ceux-ci leur font mal aux côtes et, dans les virages serrés, des forces de cisaillement importantes s’exercent sur leurs onglons et leurs articulations. Il y a aussi lieu de se demander pourquoi la vache en tête n’aime pas entrer dans la salle de traite : se peut‑il qu’après la traite elle soit poussée par les animaux qui la suivent, en raison d’une sortie trop étroite ?









