Avec la hausse des températures, les moucherons piqueurs, qui sont des vecteurs de cette affection, redeviennent actifs et augmentent le risque de propagation. De plus, en raison de la situation dans les pays voisins, il existe un risque d’arrivée d’autres sérotypes, en particulier du BTV-4.
Comment le virus agit-il ?
La fièvre catarrhale ovine (FVO) est une maladie virale qui touche les ruminants. Le virus est transmis par des moucherons piqueurs. L’activité de ces derniers au cours de l’année détermine de manière significative la dynamique de la maladie. Lorsqu’un ruminant est piqué par un moucheron infecté, le virus se multiplie d’abord dans les ganglions lymphatiques. Puis, il passe via le sang dans les parois des vaisseaux, où il continue à se propager. Ce faisant, il crée une inflammation qui rend les vaisseaux perméables ou entraîne leur obstruction. Il en résulte des œdèmes et une nécrose des tissus, ce qui entraîne des lésions dans la cavité buccale, sur les trayons ou sur le bourrelet coronaire. Pour les éleveurs euses, le fait que les sérotypes BTV-3 et BTV-8 franchissent la barrière placentaire, passant ainsi de la mère au fœtus, est particulièrement pernicieux : selon le stade de gestation de la mère infectée, cela peut entraîner des retours de chaleurs, des avortements, des malformations ou la naissance de veaux sans vitalité.
Symptômes aspécifiques
Chez les bovins, la FVO se manifeste généralement par des symptômes aspécifiques, mais dont les conséquences sont importantes sur le plan économique : la production laitière diminue brusquement ; des inflammations au niveau du bourrelet coronaire et du derme entraînent des boiteries et des problèmes d’onglons, auxquels s’ajoutent des problèmes de fécondité et des pertes de veaux. En particulier, les veaux dits « mous » sont ceux qui posent le plus de problèmes : ils présentent des troubles de la coordination, sont aveugles ou ne peuvent boire qu’avec beaucoup d’aide.
Le vaccin, mesure la plus efficace
La double vaccination est la seule mesure efficace pour protéger les animaux contre une évolution grave de la maladie. Il n’existe pas d’immunité croisée entre les différents sérotypes de la FVO, ce qui signifie qu’il faut vacciner contre chaque souche séparément. La vaccination doit être terminée avant la saison des vecteurs 2026, soit d’ici mai. En Suisse, des vaccins contre le BTV-3, le BTV-4 et le BTV-8 sont disponibles. Le ou la vétérinaire de troupeau peut fournir de plus amples informations à ce sujet.
Protection contre les moucherons
Parmi les mesures de prévention essentielles figurent l’utilisation régulière de répulsifs contre les insectes (p. ex. préparations pour application topique dites « pour-on ») et l’élimination des sites de reproduction des moucherons piqueurs (p. ex. eaux stagnantes ou fumier). Il est également recommandé de recourir à des ventilateurs et de garder les animaux dans la stabulation à l’aube et au crépuscule.
Annonce des cas suspects et traitement
Le dépistage précoce et le traitement des animaux malades à l’aide d’anti-inflammatoires et d’analgésiques sont cruciaux pour l’évolution de la maladie. Les symptômes de la FVO étant très similaires à ceux d’autres épizooties (p. ex. la fièvre aphteuse), les cas suspects doivent être signalés aux vétérinaires concernés.
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