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Production végétale

Un refuge dans les semis espacés

A partir de 2023, les « céréales en lignes de semis espacées » donneront droit à des contributions afin de favoriser l’alouette des champs et le lièvre brun. Cette mesure est particulièrement intéressante sur le plan économique si elle peut être combinée à d’autres contributions. Son impact écologique peut en outre être renforcé avec des surfaces fleuries adjacentes.

Blé en lignes de semis espacées dans l’essai pratique du Forum Ackerbau à Kölliken (AG).

Blé en lignes de semis espacées dans l’essai pratique du Forum Ackerbau à Kölliken (AG).

(Centre agricole de Liebegg)

Publié le

Essais en grandes cultures, Centre agricole de Liebegg

Biodiversité, Centre agricole de Liebegg

Comme le montrent les bandes foncées visibles dans le vert tendre des champs de céréales, plusieurs exploitations testent déjà la nouvelle mesure de promotion de la biodiversité « céréales en lignes de semis espacées » avec les semis actuels. Cette mesure profite surtout à l’alouette des champs et au lièvre brun, qui y trouvent des conditions optimales pour élever leurs petits. Cette mesure est aussi écologiquement efficace hors des aires de répartition de ces espèces menacées. Des adventices, telles que le lamier, le mouron des oiseaux ou la véronique, fournissent de la nourriture aux auxiliaires et protègent le sol de la battance.

Régulation des adventices limitée

La fermeture tardive des lignes favorise cependant aussi des adventices problématiques, telles que le gaillet gratteron et le liseron. Une bonne hygiène au champ sur l’ensemble de la rotation est donc de mise. En automne, le choix des mesures de désherbage est libre dans les céréales en lignes de semis espacées. Les exploitations bio préfèrent semer tardivement afin de prévenir la germination des graminées adventices (très difficiles à combattre avec la herse étrille). Au printemps, les restrictions valables pour toutes les exploitations sont les suivantes : un passage de herse étrille jusqu’au 15 avril ou une application d’herbicide (sans échéance fixe). Un sous-semis mis en place au printemps peut aider à maîtriser la flore indésirable. Après la récolte des céréales, il est en outre considéré comme une « couverture appropriée du sol » dans le cadre des contributions au système de production.

Intéressant pour la culture extensive

Concernant l’usage de fongicides, de régulateurs de croissance et d’insecticides, les prescriptions sont les mêmes que pour un semis normal. En cas d’attaque de criocères, il faut savoir qu’Audienz, le seul insecticide qui peut être utilisé librement en PER, ne peut pas être appliqué en présence de plantes en fleur (y c. adventices et sous-semis). En raison de la densité de semis réduite, on peut toutefois s’attendre à une pression des maladies et à un risque de verse plus faibles. Ce système convient donc très bien à la culture extensive.

Une bonne hygiène au champ sur l’ensemble de la rotation est de mise.

Le tallage compense la densité de semis

Pour éviter une concurrence sur la ligne, il faudrait réduire les quantités de semences et d’engrais. Les craintes qu’une diminution de la densité de semis de 40 % occasionne des pertes de rendement considérables ne sont pas fondées. Dans l’essai en cours du Forum Ackerbau, on a comparé le rendement en grains du blé d’automne semé en lignes espacées à celui de la référence avec des interlignes habituels : en lignes espacées, le rendement était inférieur de 7 % (procédé avec herbicide) et de 11 % (procédé avec herse étrille). Ces résultats préliminaires montrent que les semis espacés sont aussi possibles sans herbicide. Il s’agit d’une découverte très importante, car la nouvelle contribution au système de production « non-recours aux herbicides » englobe toutes les surfaces d’une même culture.

Abris de meilleure qualité près des surfaces fleuries

Pour favoriser au mieux l’impact écologique des lignes de semis espacées dans les céréales, il est possible d’agir au printemps. Si une culture d’été est prévue sur la parcelle adjacente, on peut semer une bande de surface de promotion de la biodiversité (SPB) entre cette parcelle et celle de céréales. Semées en avril, ces SPB sur terres assolées offrent, dès le début de l’été, une source de nourriture et un refuge supplémentaires aux animaux installés dans le champ de céréales. La durée d’engagement diffère selon le type de SPB (voir encadré). Les « bandes semées pour organismes utiles » d’une année conservent en outre leur fonction de refuge et de corridor faunistique jusqu’à la fin de l’automne et en hiver pour autant qu’elles restent en place au-delà des 100 jours minimaux. 

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Les SPB le long des champs de céréales avec semis espacés améliorent la qualité de l’habitat pour les insectes bénéfiques et les espèces rares.

(Centre agricole de Liebegg)

Notre conseil

Essai pratique du Forum

Le Forum Ackerbau a lancé en automne 2021 un essai de trois ans du blé d’automne en lignes de semis espacées. Le rendement, la qualité, les risques (p. ex. prolifération des adventices) ainsi que la rentabilité sont comparés à la culture traditionnelle. L’évaluation porte sur les semis en lignes espacées et normaux cultivés extensivement avec une régulation chimique et mécanique des adventices. L’essai sera présenté lors des Journées agricoles, qui auront lieu du 7 au 9 juin 2023 à Kölliken (AG) www.forumackerbau.ch (en allemand).

Questions fréquentes sur les « céréales en lignes de semis espacées »

Dans quelles céréales puis-je inscrire des lignes de semis espacées ?

Dans toutes les céréales de printemps et d’automne ; l’orge possède la plus grande capacité de tallage et compense le mieux la densité de semis réduite.

Quelles sont les prescriptions relatives au semis ?

40 % des rangs ne sont pas semés. La répartition peut varier sur la largeur de la parcelle. Les bandes non semées doivent mesurer au moins 30 cm de largeur. Si l’interligne du semoir est inférieur à 15 cm, deux rangées doivent donc rester non semées, et s’il est plus grand, une seule rangée. L’exigence des bandes non semées vaut aussi pour d’éventuels chaintres en bord de champ.

Pourquoi n’a-t-on plus le droit de passer la herse étrille après le 15 avril ?

La principale période de couvaison de l’alouette des champs et de mise bas du lièvre commence en avril. Un passage de herse étrille peut détruire des œufs ou tuer des levrauts. A la mi-avril, les parents ont toutefois encore assez de temps pour élever une nouvelle nichée ou portée.

Pour quelles contributions peut-on s’inscrire ?

La contribution « céréales en lignes de semis espacées » s’élève à 300 fr./ha. On peut s’y inscrire par parcelle (aussi pour des parties de parcelles). Il est possible de la combiner avec la « contribution pour le non-recours aux produits phytosanitaires » (anciennement « Extenso »), qui se monte à 400 fr./ha et doit être annoncée pour toutes les surfaces d’une culture. Il en va de même pour la « contribution pour le non-recours aux herbicides », de 250 fr./ha. Quelques cantons (p. ex. AG, BE, BL, LU, SO, ZH) proposent aussi des contributions pour la mise en réseau. Les cantons ont publié des fiches techniques à ce sujet.

Peut-on comptabiliser les céréales en lignes de semis espacées comme SPB pour les PER ?

Les futures exigences PER relatives à la promotion de la biodiversité sur les terres assolées font actuellement l’objet d’interventions parlementaires. Le droit aux contributions est assuré pour les céréales en lignes de semis espacées, avec une indemnisation de l’ensemble de la surface semée. Quant à la comptabilisation en tant que SPB pour les PER, elle dépend de l’introduction effective, ou non, des 3,5 % de SPB sur les terres assolées (décision attendue lors de la session de décembre 2022). Le calcul devrait être le suivant : surface de céréales en lignes de semis espacées imputable = terres assolées en ha × 0,035 × 0,5.

Vous trouverez de plus amples informations à ce sujet dans la fiche d'information Agridea "Changements et nouvelles mesures en grandes cultures" (Céréales en lignes de semis espacées, y compris des photos du semis à partir de la page 11).

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