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Production végétale

Viser la qualité avec un taux de matière sèche adapté

Un bon ensilage de maïs suppose de procéder à la récolte au bon moment, car une teneur en matière sèche trop élevée réduit la digestibilité. Les agents d’ensilage maintiennent la qualité du maïs après l’ouverture du silo.

Récolter au bon moment est essentiel pour obtenir un ensilage de maïs d’excellente qualité.

Récolter au bon moment est essentiel pour obtenir un ensilage de maïs d’excellente qualité.

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Actualisé le

Responsable de secteur, UFA-Samen

Ensilage de maïs

Le maïs plante entière devrait être ensilé à partir d’une teneur en matière sèche (MS) de 32 à 35 %, car c’est à ce stade que les teneurs sont idéales pour l’animal et que la conservation est la moins délicate (meilleur tassement). Sur la base des observations effectuées ces dernières années, on constate que la date de récolte optimale peut varier d’environ trois semaines d’une année à l’autre en fonction de la précocité du semis conjugué au climat, c’est-àdire la température et l’humidité.

Maturité du maïs ensilage

En 2017, les températures élevées en août/septembre ont provoqué une accélération du processus de maturation, atteignant jusqu’à 1 point de matière sèche (MS) par jour.

Il a été montré que récolter tardivement peut entraîner une augmentation de 0,5 à 1 tonne de matière sèche par hectare. Toutefois, ce gain s’accompagne d’une baisse de la valorisation de l’amidon dans le rumen et d’une baisse de la digestibilité des tiges et des feuilles. A partir de 35 % de MS, il a été observé une baisse de la qualité de l’ensilage avec en particulier une réduction de la digestibilité des fibres de 0,4 point par % de matière sèche.

Plusieurs méthodes sont disponibles pour déterminer la date de récolte idoine, dont la plus simple consiste à observer la plante et le grain. Semences UFA a élaboré une grille pour déterminer facilement et rapidement le bon stade de récolte.

Date de récolte

Cette dernière consiste dans un premier temps à estimer le pourcentage d’épi par rapport à la plante totale. Une culture dite normale doit se situer à environ 50 %.

L’étape suivante doit permettre de déterminer le pourcentage de MS des tiges et des feuilles. On obtient une estimation en tordant la tige. Si cette opération permet de constater l’absence d’humidité avec des feuilles de couleur marron, on pourra considérer que la teneur en MS sera de 27 %, voire plus. Dans le cas où la torsion provoque l’écoulement de jus avec des feuilles encore vertes, on se situe vers 21 % de MS.

Finalement, on recherchera le pourcentage de MS de l’épi en déterminant la ligne de lait dans le grain. Lorsque cette dernière atteint les 2/3 du grain, ce qui correspond à une quasi absence de lait et un grain encore facilement rayable à l’ongle, on se situe à 50 % de MS (l’apparition du point noir indiquant un taux de matière sèche de 60 %).

Distribuer de l’ensilage froid

Une production laitière durable passe par la production d’un ensilage d’excellente qualité et en quantité suffisante. La durabilité, c’est en l’occurrence plus de lait produit par hectare de surface agricole utile et moins de méthane émis par litre de lait produit. Dans certaines régions d’Europe, les volumes d’ensilage ne seront guère suffisants cette année, vu le manque de précipitations durant la période de végétation. Pour la qualité, il y a encore une marge de progression. Les pertes de matière sèche mesurées, à savoir entre 20 et 30 % du champ jusqu’à la panse de la vache, sont trop élevées. Une stabilité aérobie insuffisante et la distribution d’ensilage échauffé sont toujours observées dans la pratique.

L’agriculteur

L’agriculteur ne peut qu’être déçu lorsqu’il remplit sa mélangeuse et constate à son grand dépit que l’ensilage est échauffé. Le phénomène est particulièrement marqué en hiver. Les levures initient l’échauffement de l’ensilage. Il s’ensuit des pertes de matière sèche et d’énergie. Le fourrage est également moins appétible et les vaches en consomment moins.

La vache

La réduction de la consommation fourragère, due en l’occurrence à l’instabilité de l’ensilage, se traduit par une diminution de l’activité ruminale. Il s’ensuit une baisse du pH de la panse débouchant sur une acidose subclinique. Les faibles valeurs pH de la panse encouragent le développement de microorganismes producteurs d’endotoxines, ce qui provoque des dommages à la mamelle et une augmentation du nombre de cellules. On observe également des atteintes aux capillaires du tissu des onglons, sources de boiteries. Résultat: la productivité laitière chute.

Gestion de l’ensilage

Pour obtenir un ensilage de qualité, il faut respecter les nombreux paramètres de la gestion de l’ensilage. Un point est particulièrement important pour obtenir un ensilage stable du point de vue aérobie (froid): le compactage dans le silo. A cause de la forte augmentation des performances des engins de récolte, la livraison de gros volumes sur un laps de temps très court est devenue un problème. Le temps manque pour obtenir une compacité suffisante et on cherche souvent à tasser des couches trop épaisses. Les épaisseurs idéales (30 cm pour l’herbe et 20 cm pour le maïs) ne sont pas respectées. On obtient ainsi des compacités qui n’atteignent pas les valeurs indicatives définies (voir tableau). Elles sont tout simplement impossibles à atteindre dans les couches supérieures du silo.

Assurance supplémentaire

L’inoculation d’un mélange de bactéries Lactobacillus plantarum MTD/1 (100 000 UFC par gramme d’ensilage) et Lactobacillus buchneri PJB/1 (200 000 UFC par gramme d’ensilage) dans la matière première augmente la stabilité aérobie des ensilages. Le produit Ecocool d’Ecosyl est un des produits disponibles. Il améliore l’état hygiénique de l’ensilage et réduit la formation de levures. Après une dizaine de jours, L. buchneri commence aussi à métaboliser de petites quantités d’acide lactique en acide acétique, qui réduit nettement la pression des levures. Les ensilages stables et froids sont mieux consommés. Une production laitière rentable passe par des vaches en bonne santé et affichant une bonne longévité.

Valeurs indicatives pour le compactage des ensilages

Herbe 15-50 % MS 140-260 kg MS/m³  Maïs 28-33 % MS 160-280 kg MS/m³  Lucerne 15-50 % MS 160-280 kg MS/m³  Orge 35-45 % MS 230-260 kg MS/m³  CCM 55-60 % MS 400-480 kg MS/m³

Dr. Hans Heinrich Herrmann; pour Volac International Ltd.; hans-heinrich. herrmann@volac.com

Méthode d’analyse

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Les vaches aiment l’ensilage froid et stable.

L’ADCF propose une méthode d’analyse de la matière sèche au four micro-ondes. Le principe consiste à prélever un échantillon déjà haché représentatif d’au moins 100 g, que l’on pèsera précisément. Cet échantillon sera déposé dans le micro-ondes à la puissance de 1000 watts pendant 4 minutes. Puis on laissera refroidir avant de remettre dans le four pendant 2-3 minutes en réduisant la puissance d’un quart et ainsi de suite jusqu’à atteindre la puissance de décongélation.

La teneur moyenne en matière sèche de l’échantillon s’obtient en divisant le poids sec par le poids total, multiplié par 100.

Agroscope a également développé une méthode basée sur les sommes de températures. La teneur en matière sèche est déterminée sur la base des sommes de températures journalières (base 6° C, max. 30° C). Les températures inférieures à 6° C et supérieures à 30° C ne sont pas prises en compte, car dans ces zones de température, la plante ne progresse plus.

Détermination de la somme de température journalière:

La méthode des sommes de températures permet d’estimer la maturité. Les variétés précoces devraient atteindre 32 à 35 % de MS avec une somme de température de 1400° C. Environ 1480° C sont nécessaires pour les variétés mi-précoces et environ 1550° C pour les variétés mitardives.

Toutes les informations sur cette méthode sont disponibles sous www.agroscope.admin.ch.

Longueur de coupe

Il est aussi important de bien soigner sa récolte en vérifiant la qualité de la coupe. On recommande de diminuer la longueur de coupe avec l’augmentation de la matière sèche afin d’améliorer la conservation et l’ingestion du fourrage par les animaux. Dans certaines situations et pour prévenir les post fermentations, l’utilisation d’agents conservateurs disponibles auprès des Landi peut s’avérer utile. Le Service technique de Semences UFA est à disposition pour apporter ses compétences et aider à la détermination de la date de récolte et souhaite à tous les agriculteurs un bel été ainsi que de bonnes récoltes. 

Auteur   Jean-Paul Krattiger, Semences UFA, Moudon

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