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Technique agricole

Un système pour réduire les émissions d’ammoniac

Limiter les odeurs d’ammoniac améliore le climat d’étable et le confort des animaux. Désormais, les systèmes de curage des canaux situés sous les caillebottis sont aussi adaptés aux stabulations pour bovins. Un agriculteur présente la nouvelle étable qu’il a équipée d’un tel système.

Des canaux sous les caillebottis permettent l’écoulement vers la pré-fosse.

Des canaux sous les caillebottis permettent l’écoulement vers la pré-fosse.

Publié le

Rédacteur, Revue UFA

La construction d’un bâtiment agricole est un projet important qui mérite d’être soigneusement planifié. Gérant avec son père Yves Pellaux un domaine agricole à Pomy (VD), Fabian Pellaux en sait quelque chose. La nouvelle construction implantée à l’extérieur du village lui permet désormais d’élever l’ensemble de son bétail sous un même toit.

Situation initiale

Une ferme située au centre du village et des vaches en stabulation entravée sont difficilement conciliables avec un travail rationnel et les exigences strictes en matière de garde des animaux. Diplômé en informatique et au bénéfice d’une formation agricole complétée par une maîtrise, Fabian Pellaux déborde d’idées et de projets. Lorsque l’opportunité de produire davantage de lait s’est présentée, il n’a pas hésité longtemps. Et comme la fromagerie du village fabrique du Gruyère conventionnel et du Gruyère bio, l’idée de la reconversion à la production bio s’est imposée naturellement. Le domaine de la famille Pellaux est situé à une altitude de 550 m et compte 55 hectares de SAU. « La reconversion à l’agriculture bio débutera le 1 er janvier 2021 avec un troupeau de 55 vaches laitières », précise Fabian Pellaux lors de la visite de son bâtiment, dont la construction sera bientôt achevée. L’installation des vaches dans la stabulation est prévue pour le mois de janvier.

« Le système de curage par pompage du lisier vers une pré-fosse extérieure évite les odeurs et les pertes d’ammoniac. »

Fabian Pellaux

Nouveau bâtiment

Fabian Pellaux souhaitait une stabulation simple et facile à nettoyer. Les émanations d’ammoniac doivent aussi être limitées au maximum dans l’étable. L’aire d’affouragement et le couloir situé entre les deux rangées de logettes sont donc en caillebotis. Le nettoyage de ces surfaces est réalisé à l’aide d’un robot racleur DeLaval RS 450 entièrement programmable et équipé d’un réservoir à eau et de buses servant à laver le sol. Pour que ses logettes soient le plus confortable possible, Fabian Pellaux a opté pour les sacouchettes alvéolées « Blister ». Ces structures souples en matière recyclée de 15 cm de haut sont remplies de sable et recouvertes de paille en pellets. Les vaches peuvent ainsi se reposer sur un matelas adapté. « Avec ce système de logettes, je compte utiliser environ 100 à 200 grammes de paille par vache et par jour », explique Fabian Pellaux. « En absorbant l’humidité, les pellets gonflent et sont entièrement désintégrés. Et comme la paille est hachée très court pour la fabrication des pellets, il n’y a aucun problème lorsqu’elle arrive dans la fosse », poursuit-il.

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Fabian Pellaux attache beaucoup d’importance au confort des vaches. Au lieu d’une barre de nuque rigide, il a par exemple préféré utiliser une bande.

Caillebottis sur canaux

La particularité de la stabulation réside dans l’évacuation du lisier. Les caillebottis sont posés sur des canaux orientés dans le sens de la longueur du bâtiment et qui se terminent dans une pré-fosse. Mesurant 1 m de largeur et 70 cm de profondeur, ils sont équipés d’un nez à l’extrémité avant l’écoulement dans une pré-fosse extérieure. Celle-ci est équipée d’une pompe de 5000 l / min de débit alimentant une conduite de transport qui se dirige vers les canaux situés à l’extrémité de la stabulation. Si nécessaire, chaque canal peut ainsi être curé individuellement avec du lisier. Le couloir entre les logettes compte deux canaux à lisier alors que l’aire d’affouragement en compte trois. Un canal perpendiculaire assure l’écoulement du lisier du jeune bétail vers la pré-fosse. « Le système d’évacuation et de curage par pompage du lisier a été spécialement adapté pour les bovins et présente plusieurs avantages », explique Olivier Carrel, du bureau d’architecture et de construction Delta-Plan Carrel Sàrl basé à Corminbœuf, dans le canton de Fribourg. Cette conception d’écoulement de lisier flottant à destination d’une pré-fosse en contrebas est intéressante selon la région, l’altitude, la topographie du site ou encore le climat. « Le climat de l’étable plus tempéré par rapport à un système de fosse intérieure sous caillebottis est un autre avantage », poursuit Olivier Carrel.

« Le climat de l’étable est plus tempéré par rapport à un système de fosse intérieure sous caillebottis. »

Olivier Carrel

Gestion du lisier

La fosse et la pré-fosse forment un L à l’extérieur du bâtiment. La fosse recouverte de caillebottis sert d’aire de sortie extérieure pour les vaches et donne accès à l’aire d’attente à la salle de traite. La préfosse de 600 m 3 récupère l’eau d’une grande place via un canal perpendiculaire. Cette place sert de fumière et de place de lavage pour les machines de la ferme. La pompe hacheuse installée sur la pré-fosse employée pour le curage des canaux sert aussi à transférer le lisier dans la fosse principale de 800 m 3 . « La paille hachée apporte de la structure au lisier épandu sur les prairies et les cultures », explique Fabian Pellaux, qui travaille avec une citerne équipée d’une rampe pendillard. « L’écoulement permanent du lisier dans les canaux ainsi que leur faible profondeur limitent les émissions d’ammoniac et réduisent les odeurs dans l’ensemble du bâtiment », estime Fabian Pellaux. Un mécanisme antiretour est également installé pour limiter les odeurs et les pertes. Le but est de produire un lisier homogène grâce à un brasseur sur chaque fosse. Le curage des canaux ne devrait être réalisé que quelques fois par mois, estime Fabian Pellaux.

Equipements de ferme

En vue d’une plus grande autonomie, le pan de toit le mieux exposé est recouvert de panneaux photovoltaïques sur une surface de 700 m 2 . La production annuelle de courant électrique dépasse les besoins de la ferme. Le surplus alimente l’établissement horticole voisin et permet de chauffer une partie de ses serres. L’intérêt de Fabian Pellaux pour l’informatique se révèle aussi dans les équipements de son nouveau bâtiment. Outre un robot racleur, il utilise aussi un repousse-fourrage DeLaval OptiDuo. Cet appareil suit le tracé d’un câble à induction placé dans le sol. Malgré la largeur importante de la construction, la griffe à fourrage peut atteindre les deux côtés du bâtiment sur toute la longueur. Pour le fourrage sec, deux cellules de 120 m 2 chacune seront remplies la saison prochaine. Un grand ventilateur assure la distribution dans les cellules de l’air chaud récupéré sous une partie du toit de l’ouvrage. Pour la salle de traite, Fabian Pellaux a opté pour un système tandem 2 × 3 afin de réaliser la traite en une heure.

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Remplies de sable, les sacouchettes « Blister » forment un matelas confortable pour les vaches.

La nouvelle construction est prévue pour favoriser un climat d’étable agréable. La charpente et les parois boisées sont complétées par un grand filet brise-vent entre la cour extérieure et les logettes pour faciliter l’aération. « Le système de curage par pompage du lisier vers une fosse extérieure évite les odeurs et les pertes d’ammoniac et permet d’affecter tous les éléments fertilisants aux herbages et aux cultures », résume Fabian Pellaux. Le bâtiment fonctionnel et pratique allie ainsi l’utile à l’agréable. 

 

 

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