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Vie quotidienne

Engagement social en faveur de l’agriculture

L’association «Bäuerlicher Sorge-Chrattä» aide les agricultrices et les agriculteurs en difficulté, que ce soit sous la forme d’une aide financière, d’une oreille attentive ou simplement d’un cadeau de Noël. Pierre-André Schütz est assistant pastoral cantonal et se tient à la disposition des agriculteurs qui le lui demandent. Les deux engagements volontaires précités ont été récompensés par le Prix Agrisano.

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Christian Scharpf, directeur de la Fondation Agrisano; Ueli Tobler, vice-président du Prix Agrisano; de la «Bäuerlicher Sorge-Chrattä»: Berta Amgarten, présidente; Annamarie Wyrsch, secrétaire; Lydia Fässler, gérante et Ingeborg Schmid, réviseuse.

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Responsable de la communication, mooh société coopérative

Rédacteur, Revue UFA

Prix Agrisano

Lydia Fässler habite au fin fond du canton d’Appenzell. Sa cuisine est remplie de cartes de vœux et de condoléance. Une photo de son petit-fils entouré de centaines de chaussettes, pullovers et bonnets tricotés trône au milieu de la pièce. Lydia Fässler serait-elle une passionnée de tricot? La réponse est non: en fait, il s’agit de dons.

Volontaire et à titre gratuit

Lydia Fässler est gérante de l’association «Bäuerlicher Sorge-Chrattä». Cette association a pour objectif de soutenir les familles paysannes en détresse, par exemple en cas d’accident, de maladie, de décès, etc. Lors de notre visite, nous avons constaté que l’aide à apporter ne consistait pas uniquement à donner de l’argent. «Quand les gens appellent, c’est que la situation est grave. Mais je sens que les agriculteurs qui bénéficient d’une aide se sentent valorisés. Ils remarquent que quelqu’un est là pour les aider lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés. Cela peut contribuer à leur redonner de l’énergie et de la joie de vivre», précise Lydia Fässler avec satisfaction. A l’image des autres membres du comité que sont Berta Amgarten, la présidente, Annamarie Wyrsch, la secrétaire, et Ingeborg Schmid, la réviseuse, Lydia Fässler travaille gratuitement et sur une base volontaire. «Je suis souvent étonnée de constater à quel point les agricultrices et les agriculteurs retombent sur leurs pieds après un événement difficile et comment la cohésion familiale en sort encore renforcée. C’est vraiment extraordinaire», explique Lydia Fässler. L’association soutient surtout les exploitations de plus petite taille. Pour ces dernières, un don de 1000 francs représente déjà un gros montant.

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Christine Bühler, présidente du Prix Agrisano Jury, Pierre-André Schütz et Patrik Hasler, directeur Marketing et Communication  auprès d’Agrisano. 

Issues du monde agricole

L’association est financée par les contributions des membres, des dons ainsi que par la vente de cartes de vœux ou de condoléances. Chaque demande est analysée de manière approfondie par L. Fässler, B. Amgarten et A-M Wysch. Lorsque la situation l’exige, le dossier est traité très rapidement. Les quatre femmes qui siègent au comité ont ou avaient une exploitation agricole. Elles connaissent bien le métier d’agriculteur et ses particularités. «Il s’agit d’un élément très important, car les personnes qui recherchent de l’aide doivent se sentir entourées», explique L. Fässler.

Petits cadeaux

Mais revenons-en aux objets tricotés: pendant la période qui précède Noël, L. Fässler reçoit de nombreux dons sous forme d’objets tricotés. Elle les emballe dans du papier-cadeau et les envoie par poste, notamment à des agriculteurs âgés et vivant seuls. «Un jour, juste après avoir reçu un paquet, une personne m’a envoyé un long courriel pour me remercier. Comme si cela ne suffisait pas, elle m’a rappelé le lendemain pour me remercier encore chaleureusement», raconte L. Fässler. Elle explique qu’elle est très heureuse de recevoir de tels feed-back: c’est une preuve que son travail est important et qu’il est très apprécié.

Œuvrer discrètement

«L’association ‹Bäuerliche Sorge-Chrattä› a reçu le Prix Agrisano parce qu’elle consent de gros efforts sur une base volontaire et que son caractère non lucratif est indéniable», précise Ueli Tobler, vice-président du jury. L’association a reçu son prix lors de séance de la Chambre d’agriculture qui s’est déroulée le 28 avril 2017, pour la catégorie «Personne morale». «Les deux nominés travaillent dans la discrétion et c’est précisément ce que nous souhaitons récompenser», explique Christian Scharpf, directeur de la Fondation Agrisano, qui décerne ce prix. Le prix Agrisano récompense un engagement social désintéressé et altruiste envers des personnes en difficultés ou défavorisées dans le milieu agricole. Il est décerné tous les deux ans et se partage cette année entre une personne morale (institution ou association) et une personne physique (individu ou famille). Nominé dans la catégorie «Personne physique», Pierre-André Schütz s’engage en faveur des agriculteurs.

Passions

Pierre-André Schütz, qui habite à Autavaux (FR), est une personnalité passionnée. C’est un homme de la terre et qui la connaît pour avoir exercé le métier de paysan durant 35 ans. Pierre-André aime aussi les gens, et sa famille. S’il habite le rez-de-chaussée de la maison avec son épouse, l’une de ses quatre filles occupe en famille l’appartement au premier étage. Sa seconde vocation réside dans la foi. Avec une licence de théologie en poche, il va encore plus à la rencontre de son prochain en tant que pasteur de la paroisse de Lucens-Curtilles.

Signes avant-coureurs

Constatant que l’agriculture ne va pas bien et que des agriculteurs peuvent être en difficultés, Pierre-André Schütz devient en 2015 aumônier cantonal, représentant l’effort commun de l’Eglise évangélique réformée, de l’Eglise catholique romaine et du canton de Vaud (service de l’agriculture). Son poste à 50% s’avère bien vite insuffisant et une aide est engagée à raison de 30%. Le projet qu’il est chargé de mettre en place fait appel aux personnes qui côtoient les agriculteurs quotidiennement. Les gens de la vulgarisation agricole, les vétérinaires, les contrôleurs laitiers et d’autres participent à des cours afin de détecter les signes qui souvent précèdent une dépression, un burn-out ou encore une solitude trop pesante.

Aborder les problèmes

Sur le terrain, lorsque Pierre-André est appelé, il rencontre d’abord l’homme, qu’il comprend par son propre statut de paysan et d’homme de foi. «Il faut sentir les situations et les causes des problèmes, qui sont généralement multiples. Ils peuvent être d’ordre économique, parfois technique et souvent relationnel. Le métier de paysan est difficile et les occasions d’échanger entre paysans deviennent de plus en plus rares. Lorsque le paysan ne livre plus son lait à la laiterie, que le bistrot du village est fermé et que chacun est équipé en machines pour travailler seul, le paysan peut se trouver isolé sur son exploitation», précise Pierre-André. «Si toute l’agriculture se trouve dans une situation difficile, c’est souvent un ensemble de facteurs qui peuvent devenir trop pesants pour une personne. Et il ne faut pas oublier que la grande majorité des agriculteurs se sentent bien.» Avec Pierre-André Schütz, le prix Agrisano récompense un homme et avec lui tout un parcours de vie. 

AuteursGabriela Küng et Jean-Pierre Burri, Revue UFA, 8401 Winterthour

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