L’ampleur du travail en agriculture peut devenir si importante qu’elle met en jeu la pérennité de l’exploitation. Comme le montre un reportage de la télévision suisse romande (RTS), la charge de travail élevée, les exigences administratives et les incertitudes financières exercent une forte pression psychique sur certain·es agriculteurs·trices. Dans ce contexte, les offres de mentorat interviennent de plus en plus souvent pour apporter un soutien au quotidien et pour aider à la prise de décision.
Un agriculteur vaudois qui gère seul son exploitation en témoigne : aux prises avec des problèmes de santé et des difficultés financières, il confie à la RTS n’avoir demandé de l’aide qu’au moment où les troubles du sommeil et la pression étaient devenus trop importants. Les échanges avec un mentor lui ont permis de mieux cerner sa situation et d’envisager de nouvelles pistes.
Lorsque la charge devient trop importante
Une cheffe d'exploitation de la même région a elle aussi fait appel à un mentor après un divorce. A la tête d’une exploitation mêlant production laitière et grandes cultures, elle élève deux enfants tout en exerçant une activité professionnelle en dehors de la ferme. Comme elle l’explique à la RTS, des difficultés économiques et des décisions inadaptées ont conduit à une surcharge. Le suivi régulier avec un mentor lui permet de revoir l’organisation de l’exploitation et d’apporter des améliorations progressives.
Gratuit, le soutien apporté englobe à la fois des échanges et un accompagnement face à des problématiques concrètes.
Dans le canton de Fribourg, ce type de système de mentorat existe déjà depuis 2019. Selon la RTS, ce sont ainsi environ 30 exploitations qui sont accompagnées chaque année. Dans le canton de Vaud, cette offre a été lancée il y a deux ans comme projet pilote par Prométerre et Caritas. Le soutien apporté englobe à la fois des échanges et un accompagnement face à des problématiques concrètes, en particulier dans les domaines de la gestion et des difficultés d’ordre social.
Le soutien est efficace, mais souvent sollicité tardivement
Un agriculteur retraité, aujourd’hui actif comme mentor, constate que certaines situations sont « vraiment graves ». Beaucoup de personnes concernées se sentent incomprises et peinent à exprimer ce qu’elles traversent. Parmi les mentors, outre les personnes issues du monde agricole, des personnes sans formation dans ce domaine s’engagent également, apportant avant tout du temps et de l’écoute.
Les personnes accompagnées rapportent que les échanges apportent un soulagement et aident à former des décisions. Il apparaît cependant que ce type de soutien est souvent sollicité tardivement. Or, selon les agriculteurs·trices concerné·es, il est essentiel de demander de l’aide suffisamment tôt.
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