« Ma vache s’est subitement couchée et est immobile. Elle semble somnolente, ses yeux sont enfoncés et sa peau est froide. Un quartier est enflé, dur et produit du lait aqueux. » Lorsque ce type d’appel d’urgence est reçu, il faut réagir vite : la vache souffre certainement d’un empoisonnement dû à des toxines issues de bactéries coliformes mortes et responsables de la mammite. Passant de la mamelle dans les vaisseaux sanguins, ces toxines induisent des symptômes graves. Font partie de ces germes coliformes tant Escherichia coli (et autres bactéries similaires) que les klebsielles. Comme on ne peut pas les distinguer dans les conditions du terrain, il faut les analyser en laboratoire. Souvent, les quartiers infectés ne peuvent plus être sauvés. Sans traitement adéquat et rapide, la vie des animaux est même gravement menacée. Ceux qui survivent sont souvent si amaigris et leur production, si réduite qu’ils sont abattus.
Qu’est-ce qui aide la vache ?
Outre une traite fréquente, une perfusion intensive avec une sonde ruminale ou un cathéter intraveineux est essentielle pour éliminer les toxines. L’utilisation ciblée d’anti-inflammatoires est tout aussi importante. Des rinçages des quartiers peuvent également être utiles. En cas de symptômes d’intoxication graves, un traitement antibiotique est recommandé. Enfin, des substances à effet antioxydant telles que le sélénium, la vitamine E et le calcium peuvent également être judicieuses en complément.
D’où proviennent les klebsielles ?
Il s’agit de germes environnementaux qui aiment l’humidité et peuvent être présents dans toutes les étables. Si elles pénètrent dans le tube digestif des vaches par le biais de la nourriture ou de l’eau, elles sont éliminées avec les fèces sans les rendre malades, contaminant l’environnement. Elles ne sont dangereuses que lorsqu’elles pénètrent dans la mamelle. Tous les matériaux de litière peuvent être contaminés par des bactéries Klebsiella. En cas de suspicion, leur teneur en klebsielles peut être analysée en laboratoire. Les matériaux humides (compost ou matières solides du lisier) et tous les sous-produits du bois présentent un risque très élevé. D’autres litières peuvent aussi être problématiques, par exemple lorsqu’elles sont stockées dans la partie avant des logettes et deviennent trop humides à cause de la respiration et de la salive des animaux. En hiver, une hygrométrie élevée dans l’étable peut aggraver le problème.
Comment prévenir ?
Si la litière est potentiellement contaminée, il est important que les vaches ne se couchent pas immédiatement après la traite. De plus, les trayons doivent être désinfectés avant la traite à l’aide d’un prétrempage et l’hyperkératose (épaississement de la paroi du canal du trayon) doit être évitée moyennant un processus de traite optimal. Afin de limiter la contamination de la mamelle par les excréments, il est essentiel de disposer de logettes de longueur adéquate, de bien les entretenir et de nettoyer régulièrement les aires de circulation ; de plus, la litière des logettes doit être renouvelée souvent et maintenue aussi sèche que possible. Par ailleurs, une bonne ventilation de l’étable aide à sécher la litière humide ; de la chaux ou d’autres additifs peuvent être utilisés en complément. Il faut aussi empêcher la formation de biofilm dans les abreuvoirs ou sur le robot de traite. Enfin, la vache ellemême joue un rôle : il convient d’éviter le stress (dû par exemple à la chaleur) et les maladies associées (comme la cétose) et de renforcer le système immunitaire.
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