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Production végétale

Stratégie de fumure automnale

Une culture saine et un apport optimal en nutriments sont des conditions indispensables pour optimiser le rendement économique et produire les quantités escomptées. Plusieurs variantes de fumure se présentent en automne.

Plante de colza prête pour l’hiver

Plante de colza prête pour l’hiver. 

(agrarfoto.com)

Publié le

Actualisé le

Coauteur; Service de conseil, LANDOR

fenaco

Etant de la famille des crucifères, le colza s’intègre parfaitement dans la rotation des cultures comme sarclée. Cette plante représente un complément idéal, en particulier dans les rotations chargées en céréales, et offre divers avantages pour l’ensemble de la rotation. Par son enracinement développé à travers les horizons du sol, le colza améliore la structure pédologique et crée ainsi de bonnes conditions pour les cultures suivantes.

Chaux vive avant le semis

Préparer minutieusement le lit de semence, qui doit être stable et friable, est déterminant pour le rendement. Les éventuels résidus de récolte doivent être bien incorporés. Le colza préfère un sol légèrement alcalin, avec un pH de 6,8 à 7,2. Ayant une racine pivotante, il a besoin d’un sol profond. Les sols compactés ou détrempés empêchent la racine de se développer correctement, ce qui réduit l’efficience hydrique et nutritive. Une préparation optimale du lit de semence passe par l’épandage de 1 à 2 t / ha de chaux vive, quel que soit le pH du sol. Sur les sols lourds, nous vous conseillons 2t/ha. Le contact entre la chaux vive et l’eau provoque une réaction alcaline intense, laquelle neutralise l’acidité du sol. Le sol reçoit ensuite des ions de calcium, ce qui stabilise sa structure et augmente le volume poreux. Le risque de battance s’en trouve ainsi réduit, et les conditions sont idéales pour la levée du colza. La chaux vive présente en outre d’autres effets secondaires positifs : la hausse rapide du pH qui empêche la prolifération des maladies cryptogamiques comme l’hernie du chou, et son action contre les limaces. L’effet de la chaux vive sur le pH n’est cependant que superficiel ; si le pH du sol est bas, il faut planifier un chaulage.

Stratégie « engrais de ferme »

Colza et engrais de ferme font bon ménage. La plupart du temps, les conditions d’épandage sont idéales à la fin de l’été et à l’automne. Sur les sols biologiquement actifs, qui valorisent bien les engrais de ferme, un épandage à l’automne peut suffire à couvrir les besoins en azote. On peut compléter l’apport d’engrais de ferme avec 400 à 550 kg / ha de PK-Bor.

Rôles des nutriments

L’azote, l’élément nutritif le plus épandu, est surtout important pour la croissance des plantes.

La potasse régule la salinité du milieu cellulaire et renforce les tissus de la plante. La résistance à la verse et aux maladies cryptogamiques s’en trouve améliorée. De plus, la potasse régule le bilan hydrique, influençant ainsi la résistance au froid.

Le phosphore stimule le développement racinaire et améliore la résistance au froid.

Le soufre est particulièrement important, car il est responsable de la formation des acides aminés et participe au cycle de l’azote dans la plante. Le colza prélève jusqu’à 80 kg / ha de soufre dans le sol.

Le bore est important pour la fertilité des pollens, et donc pour la reproduction. En fonction du rendement visé, le colza a besoin d’au moins 500 g / ha de bore. Les carences en bore sont fréquentes lorsque le printemps est sec ou après un hiver riche en précipitations.

Stratégie « Perlka, engrais minéral »

Avec peu ou pas d’engrais de ferme, l’apport en nutriments doit être assuré à l’aide d’engrais minéral. L’application de 200 à 300 kg / ha de Perlka Cyanamide permet de remplacer l’apport de chaux vive. En effet, la chaux contenue dans Perlka a un effet semblable. De plus, la transformation lente et continue de l’azote contenu dans la cyanamide calcique favorise un système racinaire vigoureux et empêche un peuplement trop dense. Dans les jours qui suivent son application, Perlka Cyanamide repousse les limaces et leurs œufs, les organismes nuisibles du sol et les adventices, réduisant ainsi la pression pour les plants de colza. Lorsqu’il faut compléter avec un engrais de fond, il est recommandé d’appliquer PK-Bor. On peut sinon apporter tous les nutriments en une seule fois en épandant 600 à 800 kg / ha d’engrais pour colza ( Colzador ) 5.12.24 au moment du semis, en complément à un apport de chaux vive.

Compléments d’oligoéléments

A l’automne, le colza devrait également bénéficier d’un bon apport en oligo-éléments. Ceuxci contribuent en effet à la croissance saine des plantes et à une meilleure résistance au froid. Appliquer 3 l / ha de Photrel lors du dernier traitement fongicide à l’automne permet de couvrir les besoins et de renforcer la plante.

Bien aborder l’hiver

Les plantes de colza devraient aborder l’hiver avec dix à douze feuilles et une racine d’environ 10 mm de diamètre. La tige ne devrait pas encore s’être allongée. Le point végétatif est encore bien abrité dans la rosette, ce qui évite les dommages d’hivernage.

La fumure azotée d’automne doit ainsi être le bon compromis pour que le colza soit suffisamment approvisionné sans trop croître en longueur. Les années où le froid se fait attendre, le colza peut, selon la disponibilité d’azote, encore s’allonger. 

Fumure de printemps

Au printemps, l’azote et le soufre doivent être minéralisés dans le sol avant d’être disponibles pour les plantes. Pour ce faire, la température du sol doit être supérieure à 10° C. Le colza commence toutefois déjà à pousser à partir d’environ 5° C. Pour surmonter la période transitoire, le colza a besoin très tôt de nutriments directement disponibles, tels que l’azote nitrique et le soufre sous forme de sulfate ( p. ex. avec 200 - 300 kg / ha de nitrate magnésien ou de sulfonitrate ). Le dernier apport d’azote devrait se faire au plus tard juste avant l’élongation des tiges ; dans l’idéal avec des engrais soufrés tels que du sulfate d’ammonium, du sulfonitrate ou du sulfamid.

Au printemps, le colza a également des besoins élevés en oligo-éléments. Il est donc judicieux de combiner au traitement insecticide 3 à 5 l / ha de Photrel et 2 l / ha de Bortrac. 2 l/ha d’Azos combiné à Photrel favorise la floraison et assure un approvisionnement en soufre.

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