La formation d’agrotechnicien·ne ES s’adresse aux professionnel·le·s titulaires d’un CFC agricole qui souhaitent élargir leurs connaissances et endosser des responsabilités à l’échelle de l’exploitation ou de projets. Elle permet d’acquérir un bagage solide sur les productions animale et végétale, ainsi que sur le génie agricole, en combinaison avec des modules sur la gestion d’entreprise, la communication, le droit agraire et les processus techniques.
Autre thème prioritaire : les compétences analytiques et méthodologiques permettant de traiter des questions complexes de manière structurée.
De la théorie à la pratique
La formation comprend un stage prolongé ainsi qu’un mémoire, dans le cadre duquel les étudiant·es approfondissent leur propre projet ou une question technique. Le cursus est sanctionné par un diplôme d’agrotechnicien·ne ES, qui confère les capacités requises pour optimiser les processus opérationnels, évaluer les innovations technologiques ou encore développer ses propres solutions.
Prévention ciblée de la fièvre de lait
Beaucoup d’étudiant·es saisissent l’occasion du mémoire pour étayer et approfondir un sujet qui les concerne dans leur quotidien professionnel. Janik Kathriner a choisi l’effet des sels acides contenus dans l’affouragement du bétail laitier.
« La fièvre de lait est un des troubles métaboliques les plus courants lors de la période périnatale. »
L’hypocalcémie (communément appelée « fièvre de lait ») compte parmi les troubles métaboliques les plus courants lors de la période périnatale chez les vaches. Elle cause une baisse des performances, des problèmes de santé et des pertes économiques. Les sels acides, qui réduisent la valeur BACA (bilan alimentaire ca-tions-anions) de la ration, sont considérés comme une stratégie possible pour une activation précoce du métabolisme calcique de la vache. Janik Kathriner a terminé sa formation continue au centre de formation et de vulgarisation agricoles (LBBZ) de Schluechthof (ZG) à l’été 2025 et travaille aujourd’hui comme conseiller chez UFA SA, sur le site de Sursee.
Janik Kathriner Agrotechnicien et spécialiste des bovins chez UFA SA
« J’ai appris à aborder les projets de façon systématique. »
Les sels acides sont-ils réellement efficaces dans la pratique pour prévenir la fièvre de lait ?
Ils ont prouvé leur efficacité dans la pratique. Néanmoins, leur utilisation n’est pas indiquée de la même manière pour toutes les exploitations. Elle réclame une gestion adaptée et une procédure précise. Bien utilisés, les sels acides constituent une mesure efficace pour prévenir la fièvre de lait.
Quels sont les prérequis pour assurer l’efficacité de cette stratégie ?
Outre une ingestion suffisante de matière sèche, une alimentation adaptée aux besoins de l’animal est déterminante. On entend par là un apport approprié en énergie, en protéines, en vitamines, en macroéléments et en oligoéléments. Il est très important de séparer les vaches taries en deux groupes. Les sels acides ne doivent être utilisés que durant la phase de transition, c’est-à-dire au cours des trois dernières semaines précédant le vêlage. De nombreuses étables ne le permettent pas. Un autre point concerne la technique d’alimentation. Les sels acides doivent être mélangés à la ration de façon homogène. Ces aliments se présentent sous forme liquide ou en granulés.
Comment avez-vous été confronté à ce sujet ?
J’ai commencé très tôt à travailler dans l’exploitation laitière de mon oncle, et je savais que je voulais faire mon mémoire sur cette question. Les maladies métaboliques sont récurrentes chez les vaches laitières. Une alimentation optimale durant la phase tarie permet de réduire bon nombre de ces maladies pendant la lactation. Le site de formation du Schluechthof de Cham s’est déclaré intéressé par un essai. Cela a été la première pierre de tout ce travail.
Concrètement, qu’a impliqué pour vous de choisir ce sujet ?
Le mémoire était clairement structuré et comprenait trois parties. J’ai commencé par m’intéresser de près aux aspects théoriques, autrement dit au métabolisme des vaches lors de la période périnatale. J’ai ensuite mené des entretiens dans des exploitations agricoles pilotes. Cela a été extrêmement intéressant, car j’ai pu me rendre dans l’étable, observer et poser des questions. Dans un troisième temps, il y a eu un essai d’alimentation, pour lequel j’ai pu m’appuyer en partie sur les expériences acquises lors d’essais précédents.
Quel a été le calendrier de réalisation du mémoire ?
Le sujet a été fixé fin octobre. Ensuite, la mission, l’objectif et les questions ont été définis et abordés avec le référent. Enfin, la planification détaillée a été effectuée. L’essai s’est déroulé de novembre à avril. Il restait alors environ un mois pour analyser les données et rédiger le rapport d’essai. Autre point important : le mémoire est rédigé parallèlement aux cours et aux examens. Je l’ai rédigé essentiellement le soir, le week-end et pendant les heures de travail autonome en classe. On dispose d’une certaine liberté, mais une bonne organisation est indispensable.
Y a-t-il eu des moments difficiles ?
Tout s’est passé pour le mieux en ce qui concerne la partie théorique. Le véritable défi a été l’organisation des entretiens. Fin décembre, je n’avais pas encore d’exploitation, puis tout a dû se faire en très peu de temps. Cela a été sportif et a amputé une partie des vacances. On comprend alors à quel point une bonne planification est importante.
Quelles parties de la formation ES vous ont été particulièrement utiles dans ce cadre ?
Je dirais les cours d’informatique, notamment ceux consacrés à la maîtrise de MS Office. Le fait d’avoir déjà rédigé plusieurs travaux écrits avant le mémoire a également été d’une grande aide. Je connaissais bien la structure, la méthodologie et les exigences formelles, par exemple comment insérer correctement une citation.
Que retenez-vous de ce mémoire à titre personnel ?
Les connaissances acquises dans le cadre de ce travail m’aident aujourd’hui directement dans mon activité de spécialiste des bovins chez UFA SA. Pour moi, ce mémoire a été une formation continue à part entière. Parallèlement, j’ai acquis une méthode que je peux appliquer à d’autres sujets : d’abord clarifier la mission, définir l’objectif puis seulement entrer dans les détails.
A qui recommanderiez-vous la formation continue d’agrotechnicien·ne ES ?
A toutes celles et à tous ceux qui s’intéressent de près à l’agriculture et souhaitent endosser davantage de responsabilités. Même sans avoir sa propre exploitation, les possibilités sont nombreuses. J’ai particulièrement apprécié l’esprit de cohésion dans la classe. Nous avions tous un niveau similaire, une certaine maturité et des objectifs clairs. C’est une formation pour adultes au meilleur sens du terme.







