En y regardant de plus près, le tapis vert du jardin se révèle souvent être un mélange d’égopode, de plantain lancéolé, de grand plantain et de pissenlit, émaillé de quelques graminées. La sécheresse estivale, qui devient malheureusement récurrente, fait alors le reste et transforme le gazon en tapis de paille.
Pour que le gazon puisse vraiment être qualifié de tel et qu’il fasse preuve de résistance même en cas de sécheresse, il convient d’agir au plus tôt, dès le printemps.
Début de la saison en mars
La saison du gazon commence dès que les conditions météorologiques le permettent, entre le 15 et le 31 mars. Il est alors déjà possible de commencer à éliminer les matières mortes pendant l’hiver par une scarification douce. Conseil : sur une petite surface, ce travail peut également être effectué à l’aide d’un ramasse-feuille ou d’un râteau à gazon. Ensuite, il convient de tondre le gazon et ramasser l’herbe coupée.
Il s’agit à présent de passer à la première fertilisation. Celle-ci peut se faire avec un engrais pour gazon de longue durée, équilibré et de haute qualité afin de stimuler la croissance de l’herbe. Il en résulte une fermeture rapide de la couche herbeuse. Les adventices et les graminées indésirables sont alors étouffées et ont moins de place pour se développer.
Après la première fertilisation, le gazon doit être tondu régulièrement, tous les 5 à 7 jours, pour obtenir une couche herbeuse dense. Il faut veiller à ne jamais couper plus d’un tiers de la hauteur totale de l’herbe. Ainsi, si le gazon a une hauteur de 9 cm, il s’agit de couper 3 cm. Si trop de masse foliaire est coupée à la fois, les plantes n’en ont plus assez pour l’assimilation. Après la tonte, le gazon présente un reflet jaune brunâtre et il faut un certain temps pour qu’il retrouve sa vive couleur verte. En raison de ce processus, l’herbe est affaiblie et a besoin de beaucoup de force pour se régénérer. La hauteur de coupe idéale pour les pelouses domestiques est de 4 cm au printemps et en automne. Pendant l’été ou les périodes de grande chaleur, la hauteur de coupe doit être augmentée à 5 - 6 cm. Pendant cette période, l’intervalle de coupe peut être adapté à la croissance de l’herbe, c’est-à-dire tous les 10 à 12 jours.
Penser à arroser en juin
La deuxième fertilisation est effectuée à partir de la mi-juin environ (10 semaines après la première). C’est également le moment de penser à l’arrosage. Avant de mettre en marche l’arroseur automatique, il faut cependant tenir compte de certains points. A une température de 20° C, 2 litres d’eau par jour s’évaporent sur un mètre carré de gazon, et à 30° C, ce sont déjà 5 litres, et même plus en cas de vent. Alors quand faut-il arroser ? Quand l’herbe ne se redresse plus si l’on marche dessus et que la surface du gazon présente un léger reflet bleuté, le point de flétrissement est atteint ; il est grand temps d’arroser (voir encadré).
Le plein été au jardin
Vers la fin août (10 semaines après la deuxième fertilisation), il convient de procéder à la troisième fertilisation. Même une pelouse bien entretenue doit être scarifiée une fois par an afin d’éliminer le feutrage et la mousse. Ainsi, le gazon reste sain : l’eau, l’air et les éléments nutritifs pénètrent mieux dans le sol pour alimenter les racines du gazon de manière optimale. Les conditions idéales pour s’atteler à cette tâche sont réunies à la fin de l’été / au début de l’au-
tomne. Le sol est encore chaud et un sursemis peut germer rapidement.
Avant la scarification, le gazon est exceptionnellement coupé à environ 1,5 cm afin d’éliminer un maximum de matière morte et de feutre. La matière coupée doit être ramassée et éliminée.
A une température de 20°C, 2 l d’eau par jour s’évaporent sur un mètre carré de gazon.
La fin de la saison approche
Les meilleures conditions pour lutter contre les adventices sont réunies en automne. Pour ce faire, on peut recourir à un herbicide sélectif pour gazon environ 3 - 4 semaines avant la scarification. Il faut attendre trois semaines après un traitement avant de procéder à un éventuel sursemis avec un mélange régénérant, car même les herbicides sélectifs pour gazon ont un certain effet sur le sol. Sinon, les conditions de germination de l’herbe peuvent être compromises. Pour les améliorer, il faut épandre du substrat / terreau pour gazon en l’incorporant légèrement.
Si nécessaire, la pelouse doit être arrosée après les opérations de régénération et la couche supérieure du sol ne doit pas se dessécher. Cela signifie concrètement qu’il faut arroser 3 - 4 fois par jour à raison de 5 litres par mètre carré, pendant 2 - 3 semaines après le semis. L’arrosage doit se faire à petites doses afin que les graines ne soient pas emportées. Après 4 à 6 semaines, on peut à nouveau marcher sur le gazon. A partir de ce moment, il faut le tondre régulièrement jusqu’à ce que l’herbe ne pousse plus.
La dernière tonte de l’année peut se faire à 3,5 - 4 cm. Si le gazon est trop haut en hiver, les risques d’infestations par la pourriture des neiges augmentent au printemps. A la fin de l’automne, il est important d’éliminer régulièrement les feuilles mortes pour éviter qu’elles ne pourrissent.
Notre conseil
Arroser correctement le gazon
L’arrosage se fait tôt le matin pour que l’herbe sècher pendant la journée. Si on arrose le soir et la nuit, l’herbe reste humide pendant longtemps, ce qui favorise l’apparition de champignons et de maladies.
On arrose, si nécessaire, tous les 3 à 5 jours, à raison d’environ 20 l / m². Pour mesurer la quantité d’eau, on peut placer un pluviomètre du commerce ou une soucoupe d’au moins 2 cm de hauteur. Si celle-ci est pleine, cela correspond à 20 mm de précipitations = 20 l. L’apport d’eau doit bien humidifier l’horizon racinaire jusqu’à une profondeur de 15 cm.
De petits apports d’eau chaque jour favorisent les espèces indésirables (à racines superficielles) et font le bonheur des bonnes graminées du gazon (ray-grass anglais et pâturin des prés). Celles-ci n’ont alors plus d’intérêt à étendre leurs racines vers le bas pour puiser l’eau en profondeur.
Le gazon tolère mieux les périodes sèches, souvent même sans arrosage, si la routine d’entretien est respectée : coupes pas trop profondes et régulières, pauses de coupe en cas de sécheresse, fertilisation et scarification.







