Selon vous, quelles compétences seront particulièrement importantes pour la prochaine génération d’agricultrices et agriculteurs ?
Les évolutions de la politique agricole, ainsi que l’IA et la numérisation redéfinissent les compétences requises des agricultrices et agriculteurs de demain. Pour atteindre les objectifs de cette politique avec une plus grande autonomie, il faut faire preuve d’un esprit entrepreneurial, de bonnes compétences en communication ainsi que de solides aptitudes sociales et personnelles. De plus, disposer d’un bon réseau et savoir où trouver du soutien constitueront à l’avenir un avantage décisif. Par ailleurs, avec l’IA, le savoir purement technique passera davantage à l’arrière-plan, au profit de la capacité à analyser les informations et à en vérifier de manière critique la fiabilité, qui deviendra déterminante.
Quels sont aujourd’hui les principales difficultés auxquelles les agricultrices et agriculteurs sont confrontés au quotidien et pour quels sujets sollicitent-ils le plus souvent des conseils ?
Aujourd’hui, les principaux défis du quotidien concernent les remises d’exploitations, qui soulèvent souvent des questions sociales, économiques et entrepreneuriales. En particulier, les problématiques sociales sont en nette augmentation, tandis que la pression économique sur les exploitations s’intensifie. Par ailleurs, la charge administrative liée aux obligations de documentation est élevée, et le respect des exigences des programmes environnementaux pour rester à jour sur ce plan demande un suivi constant. Ces sujets sont de plus en plus abordés par les conseillères et conseillers lors de rencontres de groupe, sur le terrain ou à l’étable, tout comme les questions d’ordre technique liées à la production.
L’agriculture de demain a besoin de personnes capables de mettre le savoir en perspective et d’assumer des responsabilités.
Comment la formation et la vulgarisation agricoles doivent-elles être conçues pour répondre aux besoins du terrain à l’avenir ?
De manière générale, le rôle des personnes qui enseignent ou fournissent des conseils évolue, passant de la transmission de connaissances à l’accompagnement des processus. Pour les apprenties et apprentis, les exigences ainsi que la pression du quotidien sont élevées, tant dans la vie professionnelle que familiale et sociale. Cette situation se traduit également par des difficultés d’ordre psychique, face auxquelles les écoles professionnelles assurent un soutien complémentaire à leur mission de base. Les connaissances techniques restent essentielles. Cependant, la complexité croissante exige, notamment dans le domaine de la vulgarisation, une plus grande spécialisation. Parallèlement, la mise en réseau et la collaboration, tant au sein des institutions qu’au-delà des frontières cantonales, gagnent en importance.
Entretien: Nicole Matt







