Production animale

Bien gérer les groupes

Dans l’engraissement de taureaux, la gestion optimale des groupes implique de respecter plusieurs facteurs en vue de disposer d’animaux sains et performants, gages d’une production rentable. Changer la composition des groupes pendant la phase d’engraissement a des conséquences négatives. Pour l’éviter, il faut adopter certaines mesures à un stade précoce. La famille Stegmann connaît les clés de la réussite.

La serre transformée procure beaucoup de lumière, d’air et de place pour les veaux d’engrais.

(Photo: Jonas Salzmann)

Publié le

Employé marketing, UFA AG

Spécialiste bovins, UFA SA

Une gestion optimale des groupes passe par des animaux homogènes. Un groupe homogène est constitué d’animaux affichant un poids et une croissance comparables. La hiérarchie au sein du troupeau étant étroitement liée au poids des animaux, ceux qui sont plus légers sont fréquemment dominés par leurs congénères et leurs performances chutent. Comme il est difficile de déterminer, en début de phase d’engraissement, quels sont les animaux qui grandiront le plus rapidement ou le plus lentement, il est judicieux de constituer des grands groupes de jeunes animaux au début, la répartition en groupes de plus petite taille n’intervenant qu’ultérieurement. Il faut adapter la taille des groupes à celle du troupeau. Une exploitation qui détient 300 taureaux a plus de chances de constituer des grands groupes homogènes qu’une exploitation de 50 taureaux. Pendant la phase de finition, il convient de renoncer à tout changement au sein des groupes. Les jalons servant à constituer les groupes doivent donc être posés dès la phase de préengraissement, ce qui implique une observation attentive de la croissance des animaux et un contrôle régulier de leur poids (pesée).

Des groupes constants

Un travail de Bachelor réalisé en 2015 à la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL) a démontré que changer un animal de groupe ou d’étable à un stade trop précoce a un impact très négatif sur l’ingestion et la valorisation de la ration au niveau du groupe en général. Dans le cadre de cet essai, l’efficience alimentaire et la valorisation du fourrage (ICV, indice de conversion viande) ont été comparées dans cinq exploitations d’engraissement spécialisées élevant au total 314 taureaux. Dans une de ces cinq exploitations, deux groupes ont été modifiés : un animal a quitté le groupe de 350 à 450 kg de poids vif (PV) et cinq animaux ont été sortis du groupe de 450 à 550 kg de PV. Pour les groupes concernés, les changements de composition se sont traduits par une moins bonne valorisation du fourrage que dans les quatre exploitations n’ayant procédé à aucun changement. On peut exclure que les résultats aient été influencés par des paramètres d’affouragement, car ladite exploitation possédait d’autres groupes de la même catégorie dont la composition n’a pas été modifiée, et a obtenu dans ces groupes des résultats comparables à ceux des autres exploitations. Concernant le groupe de 450 à 550 kg, le changement de la composition du groupe s’est soldé par une hausse des coûts d’affouragement d’environ 1.25 franc par kilo d’accroissement par rapport aux exploitations dont les groupes n’ont pas été modifiés (voir tableau). Pour un groupe de dix animaux affichant un accroissement de 100 kg par animal, il s’ensuit des coûts supplémentaires de l’ordre de 1250 francs. Concernant le groupe de 350 à 450 kg, le départ d’un animal s’est traduit, en moyenne, par une hausse des coûts d’affouragement de 50 centimes par kilo d’accroissement.

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Gestion des groupes

La communauté d’exploitation des frères Eric et Roland Stegmann de Boncourt, dans le Jura, prouve qu’une gestion optimale des groupes est un gage de performances élevées. Leurs taureaux d’engraissement atteignent un accroissement journalier de 1370 g (en moyenne) et 89 % des animaux sont classés dans la classe de charnure T+ ou plus. Eric Stegmann, l’associé qui s’occupe des taureaux d’engraissement, estime que ces bons résultats s’expliquent en particulier par la gestion des groupes.

Portrait d’exploitation

SAU : 145 ha

Cultures : 40 ha de blé, 26 ha de maïs, 7 ha de betteraves, 15 ha de colza, 10 ha d’orge, 47 ha de prairies artificielles et de prairies.

Effectif animal : 55 vaches laitières, 220 bovins d’engraissement (y. c. veaux d’engrais), 35 unités de jeune bétail

Main-d’œuvre : Eric et Roland Stegmann, deux salariés

La répartition au sein des groupes commence tôt

Dans le cadre du système tout dedans-tout dehors, les veaux arrivent tous les 70 jours à l’étable. Eric Stegmann engraisse aussi ses propres veaux mâles Montbéliard, ce qui fait que certains veaux sont placés à l’étable entre les rotations. Ils n’intègrent des groupes existants que si leur âge et leur poids le permettent. Les veaux sont tout d’abord placés dans une ancienne serre à tabac bien aérée et lumineuse. Après le sevrage, ils restent dans ce bâtiment jusqu’à ce qu’ils soient capables de couvrir la totalité de leurs besoins avec Mash UFA pour veaux. Ils passent ensuite dans les groupes de transition. C’est aussi ici que sont élevés les veaux qui n’ont pas été intégrés au groupe des veaux d’engraissement. Le groupe de transition est réparti en deux ou trois groupes selon la saison, une étable abritant les génisses d’élevage en hiver étant disponible pendant l’été. A ce stade, l’agriculteur veille déjà à constituer des lots homogènes et à répartir les animaux en fonction de leur développement. « Il faut une certaine expérience pour bien répartir les animaux au cours de cette phase d’engraissement », explique Eric Stegmann. En été, les Stegmann privilégient la répartition en trois groupes. « Ainsi, j’arrive à créer des groupes plus homogènes. Il est important de ne pas changer d’alimentation lorsque les animaux changent d’étable ou de groupe, car il s’ensuit un stress inutile qui influence négativement les performances », explique Eric Stegmann. Après le changement d’étable, les jeunes animaux reçoivent directement Mash UFA pour veaux. Le passage à la ration d’engraissement intervient plus tard.

Les groupes de transition étant déjà assez homogènes, l’affouragement peut être adapté en fonction des lots. Le passage des différents groupes à la ration d’engraissement s’effectue en fonction du développement et de l’ingestion du groupe. Le potentiel de performance individuel de chaque groupe est ainsi entièrement mis à profit.

Renforcer le système immunitaire

Un système immunitaire toujours très fonctionnel est aussi important dans l’engraissement du gros bétail. Ici aussi, les animaux sont régulièrement confrontés à des situations stressantes. UFA 220 a été formulé pour renforcer le système immunitaire et rendre les animaux plus résistants. L’utilisation d’UFA 220 est recommandée pour les phases suivantes :

Pour les veaux

  • Pendant et après le sevrage 
  • Lors des changements de groupe ou d’étable

Pour les taureaux, les génisses et les bœufs

  • Pendant les phases délicates de l’engraissement (vague de grippe, hausse des cas de pneumonie etc.) 
  • Lors des changements de groupe ou d’étable 
  • Avant les changements d’affouragement

Phase de finition

Après la phase de transition, les jeunes taureaux pèsent environ 250 kg à leur arrivée à l’étable de finition. Cette étable est divisée en deux lots de cinq boxes. Chaque box héberge entre 15 (jusqu’à 350 kg de PV) et 12 (dès 350 kg de PV) animaux. Les groupes changent de box dès qu’ils ont atteint le poids requis. Arrivés au dernier box, les taureaux sont prêts pour l’abattage. Le passage du groupe de 15 au groupe de 12 animaux s’effectue en retenant les animaux les plus légers, qui restent avec le groupe suivant. Il s’agit de la dernière fois la composition d’un groupe est modifiée. Le maintien des animaux plus légers dans le groupe de 15 animaux assure l’homogénéité du groupe.

« A chaque fois que l’on sort un animal d’un lot, la hiérarchie du troupeau est modifiée, ce qui engendre beaucoup d’agitation et de mouvements au sein du groupe tout en augmentant le risque de blessures », explique Eric Stegmann. Selon lui, il est par conséquent primordial que chaque groupe reste homogène pendant la phase de finition, qu’il affiche des accroissements journaliers réguliers et que tous les animaux qui le composent puissent être abattus au même moment. Les Stegmann renoncent volontairement à intégrer au groupe suivant les animaux les plus légers du groupe prêt à l’abattage, même lorsqu’ils n’atteindront le poids requis que deux à trois semaines plus tard. « C’est un facteur perturbateur et cela prétérite les accroissements à l’échelon du groupe », constate Eric Stegmann.

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Disposer de suffisamment de place pour chaque animal à la crèche réduit  le stress au sein du groupe.

(Photo: Jonas Salzmann)

Des animaux calmes, un facteur-clé

Une mauvaise gestion des groupes engendre un surplus de stress et influence par conséquent négativement les performances des animaux. Le stress peut aussi être déclenché par d’autres facteurs, comme la façon de traiter les animaux, par exemple. Chez les Stegmann, on s’aperçoit immédiatement que les taureaux sont très calmes et qu’une ambiance agréable prévaut à l’étable. Eric Stegmann passe beaucoup de temps avec ses animaux, surtout lorsqu’il nettoie l’étable. Selon lui, plusieurs facteurs doivent être réunis pour que le troupeau soit calme : disposer d’une place à la table d’affouragement pour chaque animal, veiller à ce qu’il y ait constamment du fourrage à la table d’affouragement, opter pour un affouragement optimal et favoriser un bon climat d’étable. Eric Stegmann a constaté que les taureaux sont plus nerveux en été par des températures élevées. 

En bref

  • Pour constituer des groupes homogènes, chaque exploitation devrait mûrement réfléchir à la façon de gérer son troupeau. 
  • Les changements de groupe opérés pendant la phase de finition ont un impact très préjudiciable sur les performances. 
  • Un changement de ration ne devrait pas intervenir en même temps qu’un changement de groupe ou d’étable. 
  • Les animaux qui n’atteindront un poids optimal à l’abattage que deux ou trois semaines après leurs congénères du groupe d’abattage ne devraient pas être intégrés au groupe arrivant après. 
  • Outre une mauvaise gestion des groupes, le stress peut être engendré par d’autres facteurs comme un manque de place.
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