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Production animale

Fièvre catarrhale ovine : quel vaccin pour quel sérotype ?

La vaccination reste la seule protection efficace contre la maladie de la langue bleue (ou « fièvre catarrhale ovine », FCO). De nombreuses exploitations ont suivi cette recommandation : selon la BDTA, plus de 200 000 vaccinations contre le virus de la FCO ont été déclarées chez les moutons au 31 août 2025. Certains animaux tombent malades malgré tout.

Fièvre catarrhale ovine : quel vaccin pour quel sérotype ?
(Peter Röthlisberger)

Publié le

Vétérinaire au Service consultatif et sanitaire pour petits ruminants (SSPR)

 

La FCO se manifeste chez les moutons par des gonflements au niveau de la tête, des inflammations et des plaies ouvertes, en particulier dans la cavité buccale, sur la langue et au niveau des onglons. Les sujets atteints salivent abondamment, mangent mal et boitent souvent de façon marquée. Dans les cas graves, une pneumonie et des problèmes de parésie peuvent survenir. Chez les brebis portantes, une infection peut avoir des conséquences plus ou moins graves selon le stade : aux stades précoces, les animaux restent souvent vides ; à un stade avancé de la gestation, le fœtus peut être si gravement atteint que la brebis avorte. Si les agneaux survivent, ils naissent parfois malformés ou manquent de vitalité. Pendant la maladie, les béliers sont souvent incapables de saillir et la production de sperme reste perturbée pendant un certain temps. Dans certains troupeaux, la maladie a ainsi entraîné un décalage de plusieurs mois de la période d’agnelage, car de nombreuses brebis restent vides.

Plusieurs sérotypes en cause

Selon la base de données de la Confédération, près de 20 % des quelque 3600 exploitations touchées par le virus de la FCO (BTV en anglais, pour blue tongue virus) en 2025 étaient des exploitations ovines. Actuellement, deux sérotypes sont répandus en Suisse, à savoir le BTV-3 et le BTV-8. Parmi les infections confirmées chez les moutons, 85 % sont dues au BTV-3 et 15 % au BTV-8. Dans les pays voisins (p. ex. Autriche, Italie et France), le BTV-4 est aussi présent.

Comment le virus agit-il ?

Le virus de la FCO pénètre dans les cellules de l’organisme et les « oblige » à le multiplier. Les cellules infectées sont alors souvent détruites, contribuant grandement aux symptômes de la maladie. Une protéine à la surface du virus, dont la structure varie selon le sérotype, joue un rôle décisif dans cette pénétration. C’est précisément cette protéine que le système immunitaire reconnaît et contre laquelle il forme des anticorps spécifiques. Ces derniers bloquent alors la pénétration du virus, coupant court à ses effets nocifs. Cette réaction de défense prend un certain temps, sachant que l’évolution de la maladie dépend de la capacité du système immunitaire à prendre le dessus sur le virus (ou vice versa).

A chaque sérotype son vaccin

La vaccination soutient le système immunitaire. Elle lui présente le virus sous forme fragmentée ou inactivée, afin qu’il puisse produire des anticorps avant même que l’animal ne soit infecté. En cas d’infection, le système immunitaire reconnaît tout de suite l’agent pathogène et le virus de la FCO n’a pratiquement pas le temps de se multiplier et de causer des dégâts. Pour une protection optimale, les anticorps doivent correspondre exactement au sérotype concerné : ceux qui agissent contre le BTV-3 ne s’attaquent pas au BTV8 (et vice versa). Il est donc indispensable de connaître le sérotype en cause dans une région donnée.

Pour assurer une vaccination réussie

Pour une protection efficace, il s’agit non seulement d’utiliser le vaccin adéquat, mais aussi de le réaliser assez tôt et ce, sur des animaux dont le système immunitaire est pleinement fonctionnel. En effet, lorsque des moutons affaiblis ou malades sont vaccinés, leur système immunitaire réagit de manière bien moins efficace (c’est-à-dire que leur organisme produit souvent moins d’anticorps) que celui des animaux en bonne santé. En cas d’infection par le virus de la FCO, la probabilité que les animaux affaiblis présentent des symptômes graves est donc nettement plus élevée, même s’ils sont déjà vaccinés. 

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